La famille des Boïdés fait partie de la superfamille des Booïdés, au même titre que les Xénopeltidés, Loxocémidés, Bolyérilidés et Tropidophilidés. Elle se divise en trois sous-familles que sont les Boïnés (boas), les Pythoninés (pythons) et les Erycinés (boas des sables).
Les Boïdés sont surtout connus grâce aux serpents géants appartenant à la famille. Qui n'a jamais entendu parlé du célèbre Anaconda, du Boas Constricteur ou du Python Molure? Moins connus, mais faisant aussi partie de cette famille, sont les petits Boas des Sables et Pythons nains qui n'atteignent pas le mètre. A l'exception de quelques spécimens, ces puissant constricteurs ont une tête bien distincte du corps. Leur bouche a la faculté de pouvoir s'écarter largement du fait de la mobilité de la mâchoire supérieur et des mandibules.
En plus de différences liées à l'anatomie de leur crâne, les Pythons se distinguent des Boas car ils pondent des œufs (ovipares) mais aussi parce qu'ils possèdent, pratiquement tous, des fossettes thermoïoniques. Il est à noter cependant que quelque boas possèdent aussi ces fossettes leur permettant d'avoir une vision infrarouge. Les Boas sont ovovivipares (leurs petits naissent vivants).
D'une manière générale, les Boas occupent la moitié Sud du continent Américain et Madagascar alors que les Pythons se rencontrent en Afrique, en Australie, en Inde et en Indonésie et sur les îles du Pacifique. Les Boas fouisseurs, pour leur part, sont présents en Amérique du Nord, en Afrique, et de la péninsule arabique jusqu'en Inde sans s'étendre trop au Nord sur cette portion.
Règles générales de maintenance:
Les Boïdés ont des point communs quand à leur maintenance. Leur terrarium, suffisamment spacieux, s'ouvrira par le devant. L'ouverture se fera par des vitres épaisses coulissantes pour les grands terrariums ou par des vitres retirées à l'aide d'une ventouse pour les plus petits. L'ouverture du terrarium par le dessus est déconseillée. Les aérations permettront de ventiler le terrarium correctement mais sans excès. Il ne faut pas oublier que les Boïdés ont généralement besoins d'un taux d'hygrométrie important. Pour le substrat, les mélanges de diverses fibres spécialement conçus pour les reptiles fonctionnent bien et sont esthétiques, cependant, ils ont l'inconvénient de coûter cher si les besoins sont importants. Le papier journal, même s'il n'est pas beau, est un bon substrat pour des terrariums réservés à l'élevage. Différents types de terrariums sont disponibles. Les bacs en verre sont cassants, lourds et vaguement isolants. Il est difficile d'y fixer un décor correctement et ils laissent passer beaucoup trop de lumière pour des serpents généralement nocturnes. Pour les bricoleurs, les cages en bois sont très pratiques, elles bénéficient d'un bon pouvoir isolant , se travaillent et se décorent facilement, sont suffisamment sombres et assez abordables. Elles sont, de plus, légères et surtout très résistantes. Depuis peu, des terrariums en plastique moulés disponibles en plusieurs dimensions ont été mis sur le marché. Tout est prévu dans ces terrariums prêts à l'emploi qui ont l'avantage d'être faciles à nettoyer, imputrescibles et très esthétiques. Leur prix peut paraître élevé de premier abord, mais l'investissement vaut la peine. Pour ce qui est du chauffage, il sera soit fourni par des cordons chauffants placés sous un tiers du terrarium, soit par des ampoules ou tapis chauffants placés sur le plafond ou le toit. Tout système de chauffage devra être régulé à l'aide d'un thermostat. L'eau de boisson sera, quant à elle, proposée dans un récipient lourd et spacieux pour que le serpent ne le renverse pas quand il ira boire ou se baigner. Pour ce qui est du décor, il sera installé au grès de l'éleveur, à condition que tout soit fixé fermement sans présenter le moindre danger pour l'animal occupant les lieux.
Le paragraphe qui suit concerne surtout les grands Boïdés, les plus petits ne nécessitant pas de précautions différentes de celles à appliquer aux serpents en général.
Avant d'acquérir un jeune serpent qui, adulte, prendra une grandes proportions, il est indispensable de s'assurer que ce dernier pourra être assumé même lorsqu'il aura atteint une taille le rendant potentiellement dangereux et demandant parfois plusieurs personnes pour être manipulé en toute sécurité. Bon nombre d'individus ne réalisent pas ce que représente un serpent de 5 mètres pesant plusieurs dizaines de kilos, et cela se comprend car l'exercice est difficile tant que l'ont ne s'est pas retrouvé face à un tel animal. Et lorsque le séduisant petit serpent se faufilant entre les doigts atteint un beau jour la taille de 3 mètres, beaucoup trop de terrariophile ont le même réflexe: chercher un nouveau propriétaire à leur animal devenu trop imposant. Naturellement, la tâche est devenue ardue. Même en admettent que le dit serpent ne soit pas agressif, qui donc sera susceptible de recevoir un animal occupant une pièce à lui tout seul, capable de manger des quantités de nourriture ahurissantes si les proies fournies ne sont pas de taille adaptée? Quel amateur garantira qu'il ne se lassera pas, avec le temps, de devoir ramasser des crottes similaires à du crottin de cheval? Quelle personne sera en mesure de faire cohabiter un tel animal avec sa famille en toute sécurité, et que deviendra les serpent lors des départs en vacances? Quel individu sera capable de fournir assidûment à son animal des soins sans jamais faillir à ses responsabilités?
S'il en existe, voici quelques conseils pouvant s'avérer être utiles:
Le terrarium ou le local contenant le serpent devra être équipé d'un système de fermeture à l'épreuve de toute évasion, en gardant à l'esprit que les serpents sont experts en la matière. Une évasion de serpent relatée dans les médias est une publicité dont le monde de la terrariophilie n'a pas besoins.
L'acquéreur aura soin de sélectionner un animal jeune parmi les moins agressifs.
Dès son plus jeune âge et tant qu'il vivra, le serpent devra être manipulé plusieurs fois par semaine par son soigneur afin de conserver un tempérament calme.
Si le serpent a atteint une taille dépassant les 3 mètre, il est conseillé de se faire assister d'une tierce personne lors des manipulations. Si cela n'est pas possible, un téléphone devra être à portée de main. Les manipulations ne devront jamais être pratiquées suite à un contact, si court soit-il, avec des proies potentielles. L'odorat des reptiles est fin, mais leur vue l'est beaucoup moins.
La distribution de nourriture devra être faite pas un accès différent de celui utilisé pour les visites de routine. En effet, les serpents prennent des habitude avec le temps. Ils sont capables d'assimiler l'ouverture d'une vitre à la distribution de proies, se jetant dès lors par réflexe sur tout ce qui bouge et passe à leur portée.
Les manipulations pour épater les copains sont à proscrire, de plus si des personnes craignant la présence des serpents sont impliquées.
Il est à ce sujet bon de garder à l'esprit que tout propriétaire d'animal est à tous les degrés civilement et juridiquement responsable de ce dernier. Les accidents graves attribués aux grands serpents maintenus en captivité restent extrêmement rare et sont insignifiants comparés à ceux dans lesquels sont impliqués les chiens, chats et autre mammifères, qu'il soient domestiques ou non.
Les terrariophiles ont à charge de continuer à maintenir ces serpents de façon responsable, tant dans leur intérêt que dans celui de leurs animaux et de la terrariophilie dans son ensemble.
Reproduction:
Détermination des sexes, taille et maturité sexuelle
La détermination des sexes n'est pas toujours évidente chez les Boïdés car peu d'espèces présentent un dimorphisme sexuel flagrant. La méthode la plus utilisée, et pour l'instant la plus fiable, est de sonder les animaux. Cette technique, à réserver aux vétérinaires et aux terrariophiles avertis, consiste à introduire délicatement une sonde métallique lubrifiée, par le cloaque, en direction du bout de la queue. Chez les mâles, la sonde s'enfoncera profondément dans l'emplacement où se logent les hémipénis (en moyenne 10-12 écailles sous-caudales). Chez les femelles la sonde s'enfonce peu (2-4 écailles sous-caudales). La maturité sexuelle se situe en moyenne entre 3 et 5 ans chez la plupart des Pythons et Boas. Des reproductions en captivité ont été constatées à 18 mois chez plusieurs espèces, par exemple chez le Python Molure (Python molurus bivittatus). La taille des femelles reproductrices doit correspondre au standard de l'espèce, ceci est primordial. En effet, une femelle de trop petite taille mise en reproduction risque de graves problèmes de santé. Chez le mâle la taille n'a pas d'importance, seul l'âge compte.
Conditions préalables, accouplement
La première condition pour que des animaux se reproduisent en captivité est qu'ils soient en parfaite santé et dans un excellent état physique. Des serpents trop gros ou trop maigres sont rarement de bons reproducteurs.
Dans la nature, les Boas et les Pythons se reproduisent en suivant le cycles des saisons. Les périodes de reproduction dépendent des températures, des pluies et de la photopériode.
En captivité il faudra donc essayer de reproduire les changements climatiques pour stimuler les animaux. Les méthodes employées par les éleveurs sont nombreuses et varient grandement en fonction du pays d'origine des serpents. Il est en tout cas impératif d'avoir un contrôle total des conditions de maintenance et notamment des températures. Pour parler de manière générale, les espèces tropicales ne subissent pas d'hivers rigoureux et n'hibernent donc pas. Quelques degrés en moins le journée et des nuits plus fraîches (20°C) suffisent souvent à amorcer la reproduction. Les espèces vivant dans les zones tempérées subissent des température basses pendant l'hiver et restent plusieurs mois inactives, c'est le cas de certains Pythons Australiens comme le Python Diamant (Morelia spilota spilota). Des journées plus courtes et une variation de l'hygrométrie sont aussi des facteurs importants pour ''cybler'' certaines espèces.
Selon les espèces, les accouplements ont lieu en fin de période hivernale ou lorsque les températures normales sont rétablies. Les animaux s'accouplent souvent durant plusieurs mois. Plusieurs mâles sont parfois nécessaires pour un résultat optimum. Chez les Pythons et notamment chez les Morelia ssp., les mâles se battent de façon rituelle. Ces combats incluent pour certains des morsures parfois graves.
Gestation, naissance, incubation
Chez les Boas, la durée de gestation est souvent difficile à déterminer avec précision. En effet, les accouplements s'étendent sur une longue période et il est difficile de déterminer quand la fécondation des ovules a lieu. En général, la gestation dure 4 à 8 mois selon les espèces. Pendant les gestation, il n'est pas rare que les femelles continuent à manger, mais des proies deux fois plus petites. Durant cette période, il faut fournir aux femelles un point chaud plus intense qu'en temps normal. Les Boas naissent dans des sacs vitellins dont ils s'extirpent rapidement. Les portées peuvent s'étaler de 4 jeunes pour une petite femelle Boa Rosé (Lichanura trivirgata gracia) à 60 pour une grosse femelle Boa Constricteur (Boa constrictor imperator).
Chez les Pythons, la période entre l'ovulation et la ponte est d'environ deux mois. Une mue est effectuée avant la ponte. Le nombre de jours séparant la mue de la ponte est connu chez beaucoup d'espèces, ceci permet de savoir quand la ponte interviendra. Dans la nature, certaines femelles Python s'enroulent autour de leurs œufs et restent ainsi jusqu'à l'éclosion. Leur rôle est de garder les œufs à une température adéquate. Chez plusieurs espèces, on a constaté que les femelles étaient capables d'élever la température de leur corps pour maintenir les œufs à la bonne température. En captivité, il faut fournir un site de ponte à la femelle, sans quoi elle risque de faire une rétention d'œufs. Le site de ponte est les plus souvent composé d'une boîte de taille adaptée, remplies d'un substrat (mousse ou vermiculite) sec ou humide selon l'espèce. L'incubation peut êtres laissée à la mère ou effectuée artificiellement dans un incubateur. Elle dure en moyenne 60 jours à une température de 30/31°C avec un taux d'hygrométrie important de 95/100%. Attention, ces données sont générales, il faut bien sûr se renseigner, avec précision, sur les besoins de chaque espèce.
Soins des jeunes:
Les Boïdés nouveau-nés sont tous, quelle que soit leur provenance, sensibles à la déshydratation. Il faut impérativement les garder dans des conditions humides pendant une semaine ou deux, voire plus selon l'espèce. A la suite de leur première mue, un premier repas peut être offert. Les proies les plus couramment utilisées sont les souriceaux ou les ratons. En fonction de leur régime alimentaire dans la nature, certains juvéniles sont plus difficiles que d'autres à nourrir. En effet, les proies consommées au premier stade peuvent être des lézards ou des batraciens. La plupart des jeunes Pythons et Boas ont tendance à se défendre en mordant durant les premiers mois de leur vie, c'est simplement un réflexe de protection. En général, ils se calment avec le temps.
La reproduction des Pythons et des Boas est capitale à plus d'un titre. En premier lieu, elle permet de sauver des espèces de l'extinction totale causée à terme par la destruction de l'habitat. C'est le cas, par exemple, pour le Boa de Dumeril (Acrantophis dumerili) qui est maintenant bien reproduit et établi en captivité et dont le futur semble extrêmement sombre à Madagascar. L'élevage permet aussi de ralentir les importations d'animaux prélevés dans la nature et offre au terrariophile la possibilité d'acquérir des animaux sains et sans traumatismes de capture. Certains espèces sont maintenant tellement reproduites en captivité qu'il n'est plus nécessaire de prélever des spécimens sauvages, c'est le cas par exemple du Python molure (Python molurus bivittatus). Le développement de l'élevage offre une protection active des espèces menacées et représente sûrement une des meilleures manières de lutter contre le trafic.